Le spécialiste en isolation thermique, Ousmane Diakité et des ouvriers sur un chantier
L’isolation
thermique est une technique d’architecture régénérative peu connue dans notre
pays. C’est un processus de réduction de la perte de chaleur ou de froid d’un
espace intérieur vers l’extérieur, ou vice versa. Cela peut être réalisé en
utilisant divers matériaux et techniques pour minimiser les transferts de chaleur
par conduction, convection ou rayonnement. Le système, développé en Occident
dans les années 1990, contribue à maintenir une température confortable à
l’intérieur des bâtiments et à éviter l’utilisation abusive de certains
matériaux électroménagers afin de réduire les émissions de gaz à effet de
serre. Il existe de nombreux matériaux isolants, tels que la laine de verre, la
mousse isolante et même des déchets ainsi que d’autres matériaux locaux très
abondants chez nous comme le coton ou encore la paille, qui est utilisée depuis
la nuit des temps comme meilleur isolant.
Mme
Keïta Aïda M’Bo a fait un exemple de ce type d’aménagement chez elle à
Banankabougou. L’ancienne ministre de l’Environnement, actuellement directrice
du bureau d’étude KDMD2, a complètement revêtu un ancien poulailler en
isolation thermique pour en faire un lieu de travail. À l’intérieur de cet
édifice bioclimatique composé de cinq bureaux, on a l’impression d’être dans un
bâtiment climatisé. La température microclimatique y est essentiellement
maintenue grâce à l’isolation thermique faite au niveau de la séparation des
murs et de la toiture.
Construite en terre simple, la maison dont le toit est
fait de tôle renferme de la paille tissée, du bois, du plafond et d’autres
matériaux locaux. Ce modèle de construction vert est adapté à la modernité,
grâce à sa décoration écologique. Le
bâtiment est entièrement alimenté à base de l’énergie solaire. Un forage assure
l’approvisionnement en eau. La maison écologique est également entourée d’un jardin
biologique qui favorise la culture des produits maraîchers ainsi que d’autres
types de plantations.
À
travers cette réalisation, Mme Keïta Aida M’Bo exprime sa volonté de contribuer
à la protection de l’environnement après avoir passé une riche carrière
professionnelle dans ce domaine. «À la faveur de la création du bureau d’étude,
nous avons décidé d’aménager un ancien poulailler qui était devenu, quelque
temps après, une école. Ici, nous avons un bâtiment qui est construit en terre
uniquement que nous avons choisi d’isoler avec des matériaux locaux», explique
Mme Keïta.
L’idée
est née de sa rencontre avec Ousmane Diakité, un spécialiste en isolation
thermique. Alors qu’elle était encore ministre en charge de l’Environnement,
Mme Keïta Aida M’Bo a connu celui-ci à travers une émission radiophonique où il
parlait de l’isolation. «Donc, je l’ai appelé pour qu’ensemble, nous puissions
montrer à la Nation malienne et à ceux qui veulent comprendre que l’isolation
est faisable avec la main d’œuvre locale et avec des Maliens», se
souvient-elle. Ainsi, cette maison a été entièrement isolée avec des déchets
(coupons de tissus, sacs de ciment, cartons vides), de la paille pour la
toiture et la séparation entre les murs.
L’isolation a permis à Mme Keïta Aida M’Bo de faire beaucoup d’économie et de réduire sa consommation des gaz à effet de serre. Mais également de mieux gérer ses déchets. Elle estime que la vulgarisation de cette maison écologique qui respecte l’environnement pourrait véritablement contribuer à la réduction de la consommation de l’électricité et de lutter contre les impacts du changement climatique.
Recyclage
des déchets- Le système est vulgarisé depuis des années dans notre pays par
notre compatriote Ousmane Diakité. Un migrant qui a longtemps séjourné en
Occident, notamment en France, où il évoluait dans le domaine de l’isolation.
Le spécialiste en isolation thermique, est ajusteur à la base. Il s’occupe des
parois des bateaux, des avions et des choses qui sont vulnérables aux sons
acoustiques.
Il
décide de rentrer au pays en 2017 pour dupliquer et former le maximum de
personnes. Le début n’a pas été facile. Pendant ses deux premières années, il
s’est investi pour la construction de sa toute première maison au Mali à base
de recyclage. En août dernier, notre équipe de reportage s’est rendue chez lui
à Sarambougou Marseille dans le Cercle de Kati, pour voir ses installations. Il
s’agit d’une villa bioclimatique, un conteneur et un magasin isolés
thermiquement à base de matériaux locaux comme les résidus de coton et la
paille. Le climat à l’intérieur de ces infrastructures est ambiant.
Depuis six
ans, Ousmane Diakité ne paye pas de factures d’électricité et d’eau grâce à son
logement équipé de forage d’eau et de panneau solaire. Le spécialiste en isolation
thermique transforme les déchets à une valeur responsable pour rafraîchir les
maisons. Il arrive à le faire en recyclant les coupons de tissus, sacs
plastiques, cartons, papiers, bidons, pneus et des produits locaux comme la
paille, les résidus de coton, les tiges de mil, les bancs, etc. «Nous
récupérons les déchets que les gens n’utilisent plus», révèle le technicien. Sa
formation lui permet d’isoler une maison à partir de tous les produits locaux
disponibles dans l’environnement. Ce savoir-faire, dit-il, est adapté à tous
les climats.
Selon
Ousmane Diakité, la paille est la base de l’isolant. Il croit fermement à la
durabilité de ce matériel. En prenant l’exemple sur les cases sacrées du
Manding, le spécialiste déduit que la paille peut durer plus de 70 ans. Par
rapport à la technologie, le technicien rassure que le coût de l’isolation
thermique est abordable chez nous à cause de la disponibilité des produits
locaux contrairement en Occident. À en croire notre interlocuteur, le Maroc
gagne plus de 4 milliards de Fcfa par an à travers le recyclage des déchets.
Il estime que les déchets apparaissent dans notre pays, comme une énorme opportunité à travers l’isolation thermique. Pour le spécialiste, ce système de construction économise de l’énergie, tout en contribuant à la protection de l’environnement et aussi à la création d’emplois. «Nous sommes dans un pays chaud. Le soleil est aussi une opportunité quand on arrive à maitriser la technique de l’isolation thermique à travers laquelle, nous voulons montrer aux gens qu’on peut mieux vivre en harmonie avec son environnement. Avec ce potentiel, dans un pays comme le Mali, on ne doit même plus payer de l’électricité. Les déchets et le soleil ne sont plus des problèmes mais plutôt, une solution», laisse-t-il entendre, tout sourire.
Réduire
la température à 4°C- Ousmane Diakité fait remarquer qu’au Mali, l’énergie
dépend des fossiles qui sont importées d’ailleurs et qui coûtent très chers.
«Si nous arrivons à réduire l’utilisation abusive de la climatisation dans nos
bâtiments, cela nous permettra d’économiser et aussi de protéger notre
environnement», prône-t-il. Car, selon lui, chaque climatisation dégage une
tonne de gaz carbonique (C02) par an, ce qui n’est pas favorable à la planète
et à l’environnement.
L’isolation
thermique permet de diminuer la température à 4°C à l’intérieur d’une maison.
Le rapatrié affirme que la technique de l’isolation à de l’avenir, car elle
peut rentrer également dans la conservation des produits agricoles pour assurer
la sécurité alimentaire en réduisant les pertes alimentaires à 60%. En
perspective, Ousmane Diakité envisage de doter les logements sociaux ainsi que
les établissements scolaires publiques, du système d’isolation thermique pour
permettre aux populations d’avoir un cadre de vie favorable au climat.
Le
système est peu connu de nos maçons. Adama Siby est un maçon formé par Ousmane
Diakité. Cette technologie apparaissait nouvelle pour ce quinquagénaire qui
évolue dans le domaine de la construction depuis 40 ans. Pour le maçon,
l’isolation est différente de la construction en béton. «Cette technique a
plusieurs importances. Elle parvient à stabiliser la chaleur fournie par le
soleil, ainsi qu’à maintenir une température stable pendant la saison froide.
Et surtout, à réduire la quantité de ciment et sable nécessaire pour fabriquer
du béton. Cela peut réduire le coût de construction en utilisant moins de
matériaux», explique-t-il.
De
l’avis de Facourou Keïta, cette nouveauté est la case départ de nos anciennes
méthodes de construction. Cet étudiant chercheur en droit explique que dans les
Régions du Nord, les personnes âgées de plus de 70 ans sont logées dans des
maisons construites en banco avec des toitures en paille. Pour lui, les briques
en banco gardent l’humidité et résistent plus à la chaleur. «Sauf
qu’aujourd’hui, les gens veulent faire une construction de longue durée pour ne
plus revenir sur ça. Raison pour laquelle, on a tendance à abandonner les
anciennes pratiques, car les termites détruisent facilement la paille»,
révèle-t-il.
À l’École nationale d’ingénieurs Abdrahamane Baba Touré (ENI-ABT),
plusieurs étudiants traitent des thèmes de mémoires sur l’isolation thermique
dans l’habitat au Mali. Selon le chef du Département des études et de la
recherche (DER), du Génie civil de cette école, Dr Mahamadou Alassane, le but
premier d’un bâtiment est d’offrir à son usager, un climat intérieur
confortable.
Cependant, l’architecte chargé de cours de physique du bâtiment,
explique que l’isolation thermique est un problème qui existe actuellement dans
nos constructions. Selon lui, avant, les murs de nos constructions anciennes en
terre étaient plus épais et les toits en paille. Ce qui permettait d’avoir une
bonne énergie thermique. «Cette masse permet d’empêcher la chaleur de pénétrer
à l’intérieur ou de s’échapper pendant les périodes froides.
La
chaleur va toujours du chaud vers le côté froid. Donc en période froide,
l’isolation thermique permet d’empêcher le froid de rentrer à l’intérieur. En
période chaude, ça permet d’empêcher le
chaud de rentrer à l’intérieur pour conserver une température constante à
l’intérieur de nos bâtiments», détaille l’architecte. Il estime qu’avec les
constructions en ciment, l’épaisseur des murs ne dépasse pas 15 à 20 cm. «Le
coefficient de conducteur thermique du béton fait 1,75 cm, ce qui est beaucoup
élevé par rapport au vide d’air dans l’isolation au niveau des faux plafonds
qui fait un coefficient 0,023 cm.
Donc, on est obligé d’intégrer le système de l’isolation thermique dans notre architecture pour avoir un confort à l’intérieur de nos bâtiments», précise-t-il. Du fait que nos maçons ne maitrisent pas beaucoup cette technologie, Dr Mahamadou Alassane estime, qu’elle mérite à cet effet, une bonne connaissance des matériaux isolants thermiques et les techniques mises en œuvre pour pouvoir exécuter le travail.
Makan SISSOKO
L’initiative vise à améliorer l’accès aux services financiers pour les acteurs de plusieurs filières agricoles.
L’évènement a été marqué notamment par la plantation d’arbres et la projection d’un documentaire sur la biodiversité.
L’histoire retiendra que c’est la filiale Nord-Est de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) qui a reçu la première sortie sur le terrain du ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema et du nouveau président directeur général de la CMDT, Mamadou Moustapha D.
Le déroulement de la campagne agricole est rassurant. Toutefois, les producteurs agricoles rencontrés ont évoqué des problèmes, notamment la présence de nuisibles, la qualité de l’engrais et la non disponibilité de l’engrais subventionné.
L’histoire retiendra que c’est la filiale Nord-Est de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) qui a reçu la première sortie sur le terrain du ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema et du nouveau président directeur général de la CMDT, Mamadou Moustapha D.
Ce projet vise à développer la chaine de valeur de la filière mangue par la mise en place d’une unité industrielle de transformation à travers l’appui à 12.000 producteurs dans les Régions de Sikasso et Bougouni.