La préparation des fêtes
religieuses de façon générale est un casse-tête permanent pour les chefs de
famille et les ménagères. Ils se plient en quatre pour donner satisfaction
autant qu’ils le peuvent aux nombreuses sollicitations de leur progéniture.
En
l’absence de ressources financières conséquentes pour subvenir à tous les
besoins exprimés par les enfants et les nécessités de la fête, les chefs de
famille intègrent les groupes de cotisation. Ainsi, l’argent épargné leur
permet de trouver de quoi offrir des repas copieux à la maisonnée et de
satisfaire un tant soit peu les multiples sollicitations.
Pratique économique très répandue
dans nos sociétés, la tontine est une méthode d’épargne qui regroupe plusieurs
personnes (familles, voisins, amis, collègues, femmes et jeunes) où chacun s’engage
à verser une certaine somme. La cotisation se fait à parts égales entre les
différents membres de la tontine. Basé sur la confiance mutuelle, l’entraide et
la solidarité, ce système informel d’épargne existe sous plusieurs formes et
s’adapte aux capacités financières des uns et des autres.
Spécifiquement, la tontine de
bœufs pour l’achat de bœufs collectifs est une pratique bien ancrée dans la Cité
des Balanzans et dans notre société de façon générale. Ainsi, les grins, les
entreprises publiques et privées constituent des lieux de prédilection des
tontines de bœufs à l’orée de la fête de Ramadan.
De l’avis de bon nombre de
nos interlocuteurs, la tontine permet non seulement de renforcer les liens de
fraternité, mais aussi à plusieurs chefs de famille de se procurer de la viande
de qualité le jour de l’Aïd el-Fitr. La pratique peut être étendue à d’autres dépenses
qui constituent des casse-têtes pour les chefs de famille comme les frais liés à
la rentrée scolaire par exemple.
Souleymane Coulibaly est
comptable dans une entreprise de la place. Il a fondé en 2020 avec plusieurs
chauffeurs de l’entreprise une tontine qui regroupe aujourd’hui plus d’une
trentaine de personnes. «Après le mois de Ramadan, nous entamons la cotisation
jusqu’au douzième mois», a-t-il indiqué, avant d’ajouter que chacun des membres
paie 2.000 Fcfa par mois.
«À la veille du Ramadan, nous achetons un bœuf à
300.000 Fcfa. Après cette étape, chacun reçoit
plus de 10 kg de viande», a souligné Souleymane Coulibaly. À l’en
croire, l’achat collectif de bœufs «est plus économique et permet aux chefs de
famille de faire face aux autres dépenses que nécessite la fête».
Soumaïla Samaké réside
au quartier Pelengana de Ségou. Cet agent de sécurité a intégré une tontine
composée de 18 membres. Cela fait 5 ans maintenant. Soumaïla Samaké explique
que la cotisation commence après le Ramadan et chacun s’engage à s’acquitter de
la somme de 250 Fcfa par semaine jusqu’à l’orée de la fête. Notre interlocuteur
déplore cependant la flambée du prix des bœufs. «Auparavant, on achetait un bœuf
à 150.000 Fcfa contre 250.000 Fcfa et 300.000 Fcfa aujourd’hui. La tontine est
un acte de solidarité qui permet de renforcer les liens», nous a-t-il confié.
Le conseiller pédagogique,
Mahamoudou Maïga est un habitué d’une tontine qui regroupe plus de 20
personnes, dont 5 retraités. L’année dernière, a-t-il expliqué, le groupe a réussi
à mobiliser 917.500 Fcfa pour l’achat de 3 bœufs. Cette année, Mahamoudou Maïga
reste sceptique quant à l’atteinte de cet objectif à cause des départs.
Pour Abdoulaye Traoré, responsable de deux tontines, ce moyen d’épargne est une bouffée d’oxygène qui permet d’éviter certains désagréments comme par exemple aller au marché le matin de la fête pour acheter de la viande. Ce gain de temps offre l’opportunité de s’occuper à d’autres charges en vue de rendre la fête agréable pour les siens.
Djénèbou KÉBÉ
Amap-Ségou
Rédaction Lessor
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