Les enseignants-chercheurs à l’ouverture des journées de recherche
La
problématique du financement de la recherche est un vieux serpent de mer. Un
prestigieux chercheur qui faisait autorité dans la discipline aimait répéter à
qui voulait l’entendre que parler des difficultés de financement de la
recherche était simplement un faux-fuyant (en tout cas dans la plupart des
cas). Ce chercheur qui n’est plus de ce monde expliquait en substance qu’on a
forcément le financement lorsqu’on est bon. Son avis est probablement très
proche de la réalité. Cet avis doit être nuancé, car certains chercheurs ou
instituts de recherche sont souvent confrontés à cette triste réalité.
Réalité
à laquelle les États essaient de trouver des solutions endogènes adaptées. Ils
sont conscients que la recherche est un impératif de développement. À égard,
les autorités maliennes ont mis en place le Fonds complétif pour l’innovation
et la recherche technologique (Fcrit), institué à la suite du sommet de l’Union
africaine (UA) en janvier 2007. Lors de ce grand rendez-vous africain, les
chefs d’État et de gouvernement avaient demandé aux pays membres de
l’organisation panafricaine de consacrer d’ici 2020 au moins 1% de leur Produit
intérieur brut (PIB) à la recherche et au développement.
On est encore loin de cette aspiration dans
notre pays qui ne consacre que 0,2% de ses recettes fiscales au Fcrit, alimenté
par une subvention de l’État, soit 2 milliards de Fcfa. Ce qui suffit pour se
rendre compte que le financement de la recherche est un véritable casse-tête au
Mali. La question du sous-financement de la recherche était au cœur des
Journées de la recherche et de l’innovation sur lesquelles les lampions se sont
éteints vendredi dernier.
Une session a porté sur la thématique : «Le
financement de la recherche en sciences sociales au Mali : problèmes et
réalités». Au cours d’un panel qu’il a animé, le recteur de l’Université des
lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), Pr Idrissa Soïba Traoré, a
déclaré que la recherche dans les Institutions d’enseignement supérieur (IES)
reste solitaire et timide. Elle est le parent pauvre dans les IES qui tardent à
avoir le financement du Fcrit, a souligné l’universitaire.
Pour
le recteur, la Politique de la recherche et de l’innovation doit composer avec
la construction d’un espace malien de recherche devant servir de lieu de
coordination, d’intégration partielle des politiques, des financements et de
circulation des savoirs et des chercheurs. Il a aussi déploré le fait que
beaucoup de recherches fondamentales sont aujourd’hui peu usitées. Du coup, les
sciences sociales sont dans la tourmente, car les financements ne viennent pas
dans les universités, a constaté Pr Idrissa Soïba Traoré qui reconnaît
aussi que les institutions de recherche en sciences sociales et humaines
produisent peu.
De
ce fait, elles participent de façon peu significative aux échanges
internationaux en raison de leur faible développement et efforts insuffisants
de valorisation. Selon notre interlocuteur, cette extrême faiblesse est liée
également au fait que le renouvellement du personnel de recherche a été négligé
en même temps que la formation des postulants au métier de chercheur. La
production de nouvelles connaissances doit être un souci permanent d’un État
qui aspire à un développement participatif, intégré, harmonieux et consolidé.
L’appui à la recherche doit être séparé de celui accordé à l’innovation
industrielle dans les dépenses publiques, pense le recteur de l’ULSHB. Pour Pr
Idrissa Soïba Traoré, la coopération interuniversitaire nationale et
internationale n’est pas très affirmée et percutante. Il y a blocage aux
initiatives communes en matière de recherche, a-t-il interpellé.
La recherche universitaire doit être
prédominante. Pour favoriser une relance de la recherche de financement de la
recherche en sciences sociales, le recteur de l’ULSHB propose de mutualiser les
efforts sur les différents programmes gérés au niveau individuel ou par nos
entités, agir dans un cadre pluridisciplinaire, transdisciplinaire et interdisciplinaire.
Il suggère de valoriser nos recherches dans les enseignements, d’équiper les
bibliothèques. Mais aussi de mettre les IES au cœur des politiques publiques,
transformer le Centre national de la
recherche scientifique et technologique (CNRST) en Agence nationale de la
recherche.
Des
chercheurs proposent au gouvernement de prélever des taxes sur certains
produits comme les boissons alcooliques pour financer la recherche à 15%. La
chercheuse à l’Institut d’économie rurale (IER), Dr Yara Koréissi Dembélé,
souhaite que le quota du Fcrit augmente de 0,2% à 1%. «Si on mettait les
recommandations du colloque en œuvre, la recherche et l’innovation
technologique du Mali pourraient avancer», estime la chercheuse qui révélera
que 15% des chercheurs à l’IER sont des femmes.
Ce
qui pourrait stimuler davantage le fait de mettre l’accent sur l’orientation
des femmes vers la science. Mme Yara Koréissi Dembélé souligne que les
contraintes sociales, culturelles et conjugales sont des difficultés qui
entrainent les femmes à être d’éminentes chercheuses. Elle reconnaît que les
Journées de la recherche et de l’innovation ont permis aux scientifiques,
innovateurs, entrepreneurs et utilisateurs des résultats des recherches
scientifiques et aux femmes d’échanger sur des préoccupations essentielles,
mais surtout de s’exprimer. «Au cours des panels, j’ai bien compris le système
national de financement de la recherche», confiera la chercheuse.
Son collègue chercheur, Dr Kalifa Traoré, soutient que les thèmes des Journées de la recherche et de l’innovation étaient d’actualité et tous les domaines ont été touchés. Les chercheurs ont appris et acquis de nouvelles connaissances les uns auprès des autres. Le rendez-vous scientifique a tenu toutes ses promesses, juge Dr Kalifa Traoré.
Sidi WAGUE
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